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Les cahiers de Monsieur F. : à propos de Bach et de Debussy

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A propos de Bach et de Debussy

J S Bach : Variations Goldberg

Œuvre maîtresse de l’histoire de la musique, les Variations Goldberg se distinguent de la plupart des compositions de variations, qui reposent sur le développement du contenu mélodique par une construction autour d’une base harmonique, qui conduit à un prodigieux travail du contrepoint. Cette science contrapuntique s’attache ici au canon, dont le compositeur présente 9 genres différents. Richesse et inventivité caractérisent l’œuvre : du point de vue des formes, Bach opère une synthèse : canon mais encore fughetta (variation 10), toccatas, ouverture dite à la française (variation 16) et danses, l’air varié côtoie la passacaille (forme musicale au mouvement régulier que Bach avait porté à son apogée : Passacaille pour orgue en ut mineur). Ici, précisément, ces passacailles, danses des XVIIe et XVIIIe siècles, sont caractéristiques du type de variations structurées sur un cantus firmus conventionnel construit sur une basse obstinée à 3 temps de 4 ou 8 mesures. Bach y ajoute, à la fin des Variations, deux mélodies populaires qui se superposent au thème de la passacaille (Quolibet final). Le compositeur donne à son œuvre une unité mathématique : 32 mouvements, depuis l’aria du début jusqu'à l’aria da capo précédent la fin, et 32 mesures pour chaque aria. La gravité est donnée par le sol mineur dans trois mouvements tandis que les autres mouvements sont en sol majeur, exprimant la joie. Les bases de la variation moderne sont posées. Les Variations Goldberg constituent la 4ème partie de la Klavierübung, c’est une œuvre tardive et charnière, à une période où il opérait une synthèse, à la fois garant de la tradition et révolutionnaire, qui précède le chef-d’œuvre des variations contrapuntiques, l’Offrande musicale, sur un thème proposé par Frédéric II.

Interprétations

Glen Gould : Variations Goldberg paru chez Sony classique :
L’interprétation au piano par Glenn Gould (version 1981) est limpide, sobre, mystique. Seul bémol pour un puriste, la réinterprétation sur piano et la distance mise entre l’époque de Bach et la nôtre.



Scott Ross : Variations Goldberg paru chez Erato :
L’interprétation au clavecin de Scott Ross se situe quant à elle au plus près de l’esprit de l’époque, jouée dans une certaine rigueur, même si elle reste très vivante.



Claudio Arrau : Variations Goldberg (1942) (Coll. Arrau Heritage) paru chez Universal
Le pianiste chilien Claudio Arrau est surtout connu pour être un spécialiste de Liszt ou de Beethoven donne une excellente interprétation au piano devenu un enregistrement de référence (datant de 1942).



Evgeni Koroliov : Variations Goldberg paru chez Hänssler Classic
Koroliov donne une interprétation plus récente et au piano encore une fois. C’est une œuvre virtuose qui dégage de la sérénité et construit un pont entre une approche poétique de Bach et le mysticisme de Gould.

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