sommaire
@ disques
agenda
interviews
articles

Inscrivez-vous à la newsletter PurJus

chroniques de disques

Dakota Suite
"This River Only Brings Poison"
(Talitres/Pop Lane)

Voilà un groupe qui tout comme The Dirty Three ou bien Rachels manquait désespérément à ma pauvre culture musicale dans la catégorie "slow"-quelquechose, "post"-machin. La seule info que j’avais eu jusqu’alors : "c’est très beau mais tellement triste et déprimant". Et c’est bien le genre de qualificatifs qui me fait tendre l’oreille et fermer les paupières.
Ma découverte de Dakota Suite –originaires de Leeds en Angleterre comme leur nom ne l’indique pas– commencera donc avec "This River Only Brings Poison", troisième album, disponible en France grâce au formidable label bordelais Talitres Records (Elk City, The Walkmen notamment). The Lepers Companion démarre l’aventure sous de bons auspices, exposant les bases de la musique de Chris Hooson : toute en délicatesse, une instrumentation simple et clairsemée, un chant murmuré et intimiste, une batterie acoustique discrète et une ligne de basse jouée aux doigts de velours, mais surtout la touche de pedal-steel de Bruce Kaphan ex-American Music Club. Ce n’est pas sans rappeler les réalisations de Mark Kozelek des Red House Painters (on comprend alors qu’aux Etats-Unis, Dakota Suite ait sorti certains disques chez Badman). Sur "Boats In A Sunken Ocean", des trompettes en remplacement de cordes potentiellement lacrimales et le chant toute en retenue met en exergue une des deux facettes des textes de Hooson : le doute maladif fleurtant avec un certain misérabilisme "I know you love me /But sometimes it’s not enough". La deuxième facette, c’est bien sûr une sensibilité mélancolique exacerbée. Tellement exacerbée qu’on a parfois l’impression que Hooson se morfond piteusement dans le regret ou l’impuissance "I can’t do anything about the things I have done to you" sur Let’s Share Wounds, "I’m sinking, I’m drowning" sur Sans Fools the Shoreline. Malheureusement, il n’y a pas forcément de mélodie à laquelle se raccrocher (Let’s Share Wounds, The Ferris Wheels of Winter), et on a du mal à compatir sincèrement à ses états d’âme.
Et pourtant, c’est difficile à expliquer, mais par exemple sur Sands Fools the Shoreline avec ses seuls 3 accords de piano en rapport de quinte... c’est simplement touchant, un peu comme Motor Me sur le premier album de L’altra "Music of a Sinking Occasion". A dire vrai, sur la longueur, je ne peux m’empêcher d’entendre toujours les mêmes schémas mélodiques ou rythmiques (Boats In A Sunken Ocean, Let’s Be on Our Own, How Safe We Must Seem), à moins que ce ne soit tout bonnement le style Dakota Suite…
Bilan mitigé pour ma première entrevue avec la musique de Chris Hoosson. Un talent certain (comment oserai-je dire le contraire) mais personnellement moins d’atomes crochus qu’avec L’altra ou Low. Je garderai néanmoins précieusement une généreuse moitié de ces 14 morceaux pour m’en faire un EP rien qu’à moi.
[Dans un album précédent il remerciait sa femme Johanna de l’avoir sauver de la mort, dans celui-ci Chris Hooson la remercie de lui avoir donnée un enfant. Ouf, son cas n’est plus totalement desespéré]

RedApple
(redapple [AT] purjus [POINT] net [*]) 

< autres chroniques <




Copyright 2000-2018 PurJus.net - <redac [AT] purjus [POINT] net> [*]
([*] veuillez supprimer les espaces pour former l'adresse mail réelle, merci -
ceci est fait pour lutter contre les collecteurs automatiques d'emails -
anti-spam)