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chroniques de disques

Temper
"New Place, New Face"
(Talitres/Chronowax)

Le chroniqueur amateur a bien souvent des pannes d'inspirations et se perd régulièrement dans les phrases alambiquées, mêlant métaphores bancales et vocabulaire superlatif, forçant parfois dangereusement sa sincérité. Avec un nom pareil, avant même avoir poser le disque sur ma platine, je me voyais déjà écrire de phrases sans queue ni tête pour pouvoir placer TEMPERature, TEMPERament, inTEMPERel dans ma chronique. A l'écoute du premier long format de Temper, et première signature française du label bordelais Talitres, pas la peine de se poser trop de question. New Place, New Face est tout simplement un putain de disque, si vous me pardonnez l'expression.
Le trio aux origines stéphanoises se forme à Paris en 1997 avec J.P. Montal au chant et aux guitares, Anne-laure P. à la basse et Arnaud G. à la batterie. Une poignée remarquée de mini-LP et d'apparitions sur compilation plus tard, les voici avec 11 titres diablement inspirés. Le chant en anglais a la prononciation un peu approximative mais ce phrasé à la Lou Reed est fort plaisant (et pourrait même rappeler un certain Olivier Lambin, alias Red). Les similitudes avec le new-yorkais "underground" sus-cité ne s'arrêtent pas là : les compositions patinent un rock lumineux et boisé (Down to Italy) d'un blues urbain moderne légèrement désabusé (When Evil is Your Last Home). En témoigne ces quelques lignes de la première partie de l'épistolaire Andersen's tales : "Dear parents don't worry about me, I found a great job in a great company / (…) in a trendy bar I talk about my new car / I must say that you were right, I gave up my movie dreams / I feel that I am on golden tracks (...) / Dear parents, I'm sure you'll love Stephanie. We both work for the same company ". La suite va vite faire déchanter le narrateur... Rassurez-vous, l'humour ou l'ironie ne sont pas en reste sur le disque.
Si par chance vous aviez jeté une oreille sur le premier et unique album de White Hotel il y a de cela 2-3 ans (et sinon il est encore temps de vous rattraper !), vous retrouverez ici comme moi avec bonheur cette ambiance d'inspiration nocturne. Une production très spontanée et organique, sans lourdeurs de mixage, une rythmique modeste et chaleureuse au service exclusif des morceaux. La nuance serait que Ken Low lui marchait au whisky, J.P Montal plutôt au vin rouge. Décidément, Talitres se constituent un catalogue de toute beauté : Elk City, The Walkmen, Calla, et aujourd'hui The National et Temper. Et lorsque le dos de la pochette cite Curtis Mayfield "Now is always the right time", il est grand temps pour vous d'aller fouiller les bacs de votre disquaire et de le harceler le cas échéant.

RedApple
(redapple [AT] purjus [POINT] net [*]) 
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