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Sr Chinarro
"Cobre Cuanto Antes"
(Acuarela/Pop Lane)

Il y a encore quelques jours, je n’aurais pas écrit ces quelques lignes sur le même ton. Le sixième album de Sr. Chinarro, sortant comme à l’habitude chez le label Madrilène Acuarela, ne me revenait vraiment pas. Je refusais d’entendre. Je refusais d’écouter. J’avais oublié le parcours à suivre pour commencer à saisir la musique d’Antonio Luque. Il m’était pourtant arrivé la même chose qu’avec "La Tapia de Perejil", EP encore tout récent, ou bien "La Primera Opera Envasada al Vacio" le dernier album en date. Du temps. Les pavillons grands ouverts.
La tâche n’est jamais simple avec Sr. Chinarro. Dans son dictionnaire musical personnel, Antonio Luque a tout bonnement arraché la page où se trouve "étiquette", "étiquettage". On ne sait jamais très bien à quoi s’attendre. La seule constante serait le choix des instruments : guitares électriques ou acoustiques, basse, batterie, et surtout l’orgue électrique.
Je me rend compte rapidement que finalement je ne connaissais que l’expérimentateur Luque et beaucoup moins le peintre andalou Luque. Dans l’entrelacs de arpèges électriques et d’accords acoustiques, du filet d’orgue en sur-piqué, se dessinent des portraits d’émotions s’entrechoquant, à la fois arides et bourgeonnantes. A l’image même de la ville de Séville : une vie trépidante mais une chaleur pesante. Le résultat musical d’une telle inspiration n’est bien sûr pas d’un accès facile et il faut bien cette demi-douzaine d’écoutes pour suivre mentalement le route de Luque. Aucun titre avec une mélodie vraiment immédiatement imprimable. Les morceaux ne sont pas prisonniers des carcans structurels du rock. Il faut au contraire faire abstraction du simili-brouhaha pour suivre d’une oreille attentive le cheminement d’une des strates instrumentales, une à la fois. Chacune est en effet presque improvisée sur une grille d’accords ou une gamme choisie au départ, et suit son cours... sans trouver toujours la sortie. Car il est vrai, oui, qu’Antonio Luque ne sait pas vraiment où il va, et sa musique vagabonde de plus en plus sur la longueur de l’album.
Sr. Chinarro a inventé le free-indie-rock (par analogie avec le courant jazzistique qui fait hurler au foutage de gueule les "mélomanes"). Plug In m’est par exemple encore particulièrement douloureux. Sr. Chinarro est intellectuellement fatiguant, pas vraiment dans un sens péjoratif, non, mais plutôt parce qu’il faut du temps et de l’attention soutenue pour l’apprécier. Prenez le temps, si vous avez le temps.

RedApple
(redapple [AT] purjus [POINT] net [*]) 

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